Il y a alors un risque que la situation s’aggrave avec notamment des crises plus fréquentes et un passage d’une forme épisodique de migraine à une forme chronique. (1)
Les médecins, auparavant, qualifiaient de « céphalée par abus médicamenteux » cette céphalée secondaire qui survient chez des personnes souffrant déjà de maux de tête et qui étaient en surconsommation médicamenteuse. C’est-à-dire qu’elles prenaient pendant au moins 10 ou 15 jours par mois des antalgiques ou des antimigraineux spécifiques. (1,2)
Ces dernières années, ce concept de « céphalée par abus médicamenteux » a été remis en question car, dans ce genre de situation, la surconsommation de traitement de crise n’est pas le seul facteur d’aggravation.
- La fréquence des céphalées
- Le retentissement émotionnel associée à la migraine (notamment les symptômes dépressifs)
- Et la surconsommation des traitements de crise. (4)
Ainsi, plutôt que de parler de « céphalée par abus médicamenteux » (terme stigmatisant), on préfère désormais employer le terme de « céphalée associée à un abus médicamenteux ».
Il n’en reste pas moins que loin d’améliorer la douleur, la surconsommation des traitements de crise peut favoriser la chronicisation de la migraine et venir l’aggraver en rendant les crises plus fréquentes.(1)
Est-ce fréquent ?
- les femmes
- les personnes qui souffrent de troubles anxieux
- les consommateurs de substances psychoactives. (3)
La céphalée primaire sous-jacente la plus fréquemment présente est la migraine. (2)
- les antalgiques (64,2 %)
- les médicaments antalgiques qui associaient plusieurs molécules (34,1 %)
- les opioïdes (15,3 %)
- les triptans (7,4 %) (5)
Quelles conséquences ?
L’impact psychologique est important également, avec de l’anxiété et des cas de dépression. Douleur et impact psychologique dégradent la qualité de vie.(3)
Quelle est la prise en charge d’une céphalée associée abus médicamenteux ?
Tenir un agenda de vos crises de migraine et y noter vos consommations en traitements de crise aidera votre médecin à diagnostiquer une surconsommation médicamenteuse.
Si c’est le cas, la prise en charge consiste en général en une consultation avec votre médecin où il discutera avec vous de votre consommation médicamenteuse et vous proposera les moyens thérapeutiques pour réduire votre consommation en antalgiques et/ou en antimigraineux. (3)
Pendant longtemps le sevrage médicamenteux a été la seule réponse thérapeutique proposée dont les modalités étaient très variables (6,7) mais seulement la moitié des patients ayant une migraine chronique reviennent à une migraine épisodique après un sevrage médicamenteux… (7) Actuellement la prise en charge de cette situation repose sur traitement prophylactique efficace et des conseils de bon usage du traitement de crise avec pour objectif de ne pas dépasser deux prises par semaine. (6)
Et comment prévenir la céphalée associée à une surconsommation de traitement ?
- Tenir un agenda des crises et des traitements pris
- Comprendre que toute prise excessive d’un traitement de crise peut conduire à une aggravation de la migraine
- Respecter la prescription du médecin
- Apprendre à bien distinguer les céphalées liées à la migraine des autres maux de tête. (3)
FR-NPMIG-0458 – Février 2025
Références bibliographiques
-
Géraud G, Fabre N, Lantéri-Minet M, Valade D, Donnet A. Céphalées, migraines et algies faciales en 30 leçons. 3e édition. Elsevier Masson. Collection Abrégés de Médecine.
-
INSERM. Site internet https://www.inserm.fr/dossier/migraine/
-
Lanteri-Minet, M. Démarche diagnostique générale devant une céphalée chronique quotidienne (CCQ). Revue neurologique. 2014.
-
Demarquay G et al. Revised guidelines of the French Headache Society for the diagnosis and management of migraine in adults. Part 1: Diagnosis and assessment. Rev Neurol (Paris). 2021;177(7):725-33.
-
Schwedt T. Medication Overuse and Headache Burden. Neurology: Clinical Practice. 2021
-
Corand V et al. Medication overuse headache: Updating of the French recommendations regarding the treatment strategies. Rev Neurol (Paris). 2021;177(7):760-4.
-
Comité de Classification des Céphalées de la Société Internationale des Céphalées La Classification Internationale des Céphalées, 3e édition. International Headache Society 2013-2018.