Avez-vous déjà eu l’impression que vos crises de migraine étaient associées à la consommation de certains aliments ? S’il existe en effet un lien entre l’alimentation et le déclenchement des crises, celui-ci est plus complexe qu'il n'y paraît.

L’alimentation est souvent incriminée, par exemple : le fait de sauter un repas, de manger un plat inhabituel ou trop riche, ou encore de consommer de l’alcool, sont des situations pouvant favoriser le déclenchement d’une crise.(1) Il peut être utile de noter ce type d’événements dans votre agenda des crises.

Facteurs déclenchants ou prodromes ?

Il est aujourd’hui admis que le rôle des facteurs déclenchants, notamment alimentaires, est souvent surestimé. En effet, ils peuvent être confondus avec les prodromes (2) qui sont des manifestations ressenties quelques heures, voire un jour ou deux, avant le début d’une crise de migraine. Ces manifestations peuvent être diverses :

  • envies particulières de sucré ou de salé
  • changements d’humeur
  • fatigue
  • bâillements… (3)

Au niveau alimentaire, le chocolat est souvent cité comme un facteur déclenchant, or il est aujourd’hui établi que ce lien est erroné. Il s’agit plutôt de la manifestation d’une envie de sucre, qui est reconnu comme un prodrome, un signe annonciateur de la crise (4)

La consommation de café ou l’arrêt de celle-ci sont parfois rapportés comme étant des facteurs déclenchants. Là encore, ce n’est pas la café en soi qui déclenche une migraine, mais un changement d’habitude de consommation (arrêter de boire du café pendant les vacances, par exemple).(5)

Et l’alcool ?

L’alcool, en revanche, est un facteur déclenchant établi des crises de migraine.(2) Sa consommation peut déclencher une crise de migraine dans les 3 heures qui suivent ou encore une céphalée le lendemain matin. Il semblerait d’ailleurs que les personnes migraineuses soient plus sensibles à la céphalée du lendemain, et ce, à des doses moindres d’alcool.

 

Toutes les boissons alcoolisées peuvent être responsables à la fois des crises de migraine et des céphalées du lendemain. (6) L’effet vasodilatateur de l’alcool ou encore ses effets sur certains neurotransmetteurs tels que la sérotonine peuvent être avancés comme hypothèses expliquant ce phénomène. (6,7)

Quid des supplémentations ?

S’il n’est pas recommandé de suivre un régime spécifique (sans gluten, sans lactose…) en l’absence de bénéfices démontrés, (8) une supplémentation à prendre par voie orale peut être bénéfique chez certains migraineux (coenzyme Q10, riboflavine, mélatonine, magnésium, vitamine B2). Avant de prendre des supplémentations, parlez-en à votre médecin.

Références bibliographiques

  1. INSERM. Site internet https://www.inserm.fr/dossier/migraine/

  2. Demarquay G et al. Revised guidelines of the French Headache Society for the diagnosis and management of migraine in adults. Part 1: Diagnosis and assessment. Rev Neurol (Paris). 2021

  3. Géraud G., et al. Céphalées, migraines et algies faciales en 30 leçons. 3e édition. Elsevier Masson. Collection Abrégés de Médecine.

  4. Marcus DA et al. A double-blind provocative study of chocolate as a trigger of headache. Cephalalgia. 1997;17(8):855-62.

  5. American Migraine Foundation: Lifestyle Changes for Migraine Management 2021. Available from https://americanmigrainefoundation.org/resource-library/lifestyle-changes-for-migraine/ [Last accessed June 2024].

  6. American Headache Foundation. https://americanmigrainefoundation.org/resource-library/alcohol-and-migraine/

  7. Panconesi A. Alcohol and migraine: trigger factor, consumption, mechanisms. A review. J Headache Pain. 2008

  8. Demarquay G et al. Revised guidelines of the French headache society for the diagnosis and management of migraine in adults. Part 3: Non-pharmacological treatment. Rev Neurol (Paris). 2021