Le sommeil et la migraine sont intimement liés. Il est en effet habituel que les personnes migraineuses rapportent qu’un sommeil de mauvaise qualité puisse déclencher ou accompagner une crise, et qu’au contraire une bonne nuit de sommeil ait un effet réparateur une fois la crise passée. (1)

La migraine est une pathologie de mauvaise adaptation aux changements de rythme : dans le cas présent, le manque tout comme l’excès de sommeil peuvent être des situations déclenchant des crises de migraine. (2)

Les troubles du sommeil sont particulièrement fréquents chez les personnes atteintes de migraine. Dans une enquête menée aux Etats-Unis et comparant les données recueillies auprès de 15 000 migraineux et 77 000 individus non migraineux, les troubles du sommeil étaient 3,8 fois plus fréquents chez les personnes souffrant de migraine. La probabilité d’être atteint d’insomnie augmente avec l’âge, la fréquence et l’intensité des crises.(3)

Comment expliquer le lien entre migraine et troubles du sommeil ?

Des recherches récentes ont permis d’identifier des zones du système nerveux central (principalement thalamus, hypothalamus et tronc cérébral) et des neurotransmetteurs (substances chimiques assurant la transmission des signaux d’un neurone à un autre) qui sont impliqués à la fois dans la physiopathologie de la migraine et dans la régulation du sommeil. Ceci pourrait notamment expliquer l’influence du sommeil dans la survenue des crises. (4,5)

Quels sont les principaux troubles du sommeil rencontrés chez les patients migraineux ?

  • L’insomnie

Elle est définie par des difficultés à s’endormir, des réveils dans la nuit, ou des réveils trop précoces le matin, ce qui entraîne des conséquences négatives le lendemain (fatigue, irritabilité, difficultés de concentration…).

Lorsqu’on est migraineux, le risque de souffrir d’insomnie est près de deux fois plus élevé par rapport à la population générale, et ce risque est augmenté à partir de 7 jours de crise migraineuse par mois. (4)
Deux tiers des migraineux ont déjà été réveillés par une crise de migraine et certains migraineux évoquent des insomnies pouvant survenir durant la nuit qui précède une crise migraineuse matinale. (1)

 

L’insomnie est associée à des crises migraineuses plus douloureuses et plus fréquentes. (4) Elle augmente également le risque qu’une migraine qui n’était qu’épisodique ne devienne chronique. (6)

 

  • L’apnée du sommeil

Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), communément appelé « apnée du sommeil », se caractérise par la survenue d’épisodes anormalement fréquents d’interruptions (apnées) ou de réductions (hypopnées) de la respiration durant le sommeil. (7)

 

Le lien de causalité entre migraine et apnée du sommeil n’est pas établi aujourd’hui, les personnes migraineuses n’étant pas plus à risque que les autres de développer un SAHOS. (1,4)

 

Cependant, il n’est pas exclu que l’apnée du sommeil puisse déclencher l’apparition d’une migraine chez des individus qui seraient prédisposés et qu’elle puisse être responsable de la maladie migraineuse. (4)

Ronflements, sommeil agité, somnolence dans la journée peuvent être évocateurs d’apnée du sommeil, n’hésitez pas à en parler à votre médecin si cela vous concerne.(7)   Il est à noter que les ronflements font partie des facteurs de risque de chronicisation de la migraine. (6)

5 conseils pour mieux gérer son sommeil  (9)

1

Essayez de vous coucher et de vous réveiller aux mêmes heures, en semaine et même le week-end.

2

Adoptez une routine avant le coucher pour préparer votre corps au sommeil : lire un livre ou un magazine par exemple.

3

Évitez les écrans avant de vous endormir (smartphone, ordinateur, tablette…).

4

Si vous tenez un agenda de vos crises de migraine, vous pouvez y noter vos heures de coucher et de réveil ainsi que la qualité de votre sommeil, cela pourra aider votre neurologue à mieux comprendre l’impact de votre sommeil sur votre migraine.

5

Enfin, n’hésitez pas à évoquer vos problèmes de sommeil lorsque vous voyez votre médecin, il pourra vous proposer une prise en charge adaptée afin de vous aider à retrouver un meilleur sommeil, ce qui aura, sans nul doute, un effet positif sur votre migraine. (1)

FR-NPMIG-0460 – Février 2025

Références bibliographiques

  1. Vgontzas A et al. Sleep disorders and Migraine: Review of Literature and Potential Pathophysiology Mechanisms. Headache. 2018;58(7):1030-9.

  2. INSERM. Site internet. https://www.inserm.fr/dossier/migraine/

  3. Buse DC et al. Comorbid and co-occurring conditions in migraine and associated risk of increasing headache pain intensity and headache frequency: results of the migraine in America symptoms and treatment (MAST) Study. J Headache Pain. 2020;21(1):23.

  4. Tiseo C et al. Migraine and sleep disorders: a systematic review. J Headache Pain. 2020;21(1):126.

  5. Gilles Géraud, Nelly Fabre, Michel Lantéri-Minet, Dominique Valade, Anne Donnet. Céphalées, migraines et algies faciales en 30 leçons. 3e édition. Elsevier Masson. Collection Abrégés de Médecine.

  6. Demarquay G et al. Revised guidelines of the French Headache Society for the diagnosis and management of migraine in adults. Part 1: Diagnosis and assessment. Rev Neurol (Paris). 2021;177(7):725-33.

  7. Site internet de l’Assurance Maladie. Dossier Apnée du sommeil. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/apnee-du-sommeil

  8. Site internet de l’Assurance Maladie. Dossier Syndrome des jambes sans repos. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/syndrome-jambes-sans-repos-impatiences/definition-causes

  9. American Migraine Foundation. Guide to Healthy Sleep. Disponible sur https://americanmigrainefoundation.org/patient-guides/